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Arrivée de 200 familles rwandophones à Rutshuru: la RDC demande des explications au HCR et à Kigali

Lambert Mende, Ministre de l'Information, Communications et Médias lors d'une Conférence de Presse à Kinshasa, le 03/01/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA

Lambert Mende, Ministre de l'Information, Communications et Médias lors d'une Conférence de Presse à Kinshasa, le 03/01/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA
Lambert Mende, Ministre de l'Information, Communications et Médias lors d'une Conférence de Presse à Kinshasa, le 03/01/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA
Le gouvernement congolais demande au Haut-commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) et au Rwanda des explications sur l’arrivée récente dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu) de deux cents familles rwandophones en  provenance du Rwanda. Kinshasa n’a pas été informé de ce mouvement, conformément à l’accord tripartite conclu en 2010 entre le RDC,  Rwanda et le HCR relatif au rapatriement des réfugiés, a affirmé à la presse mercredi 2 octobre le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende.

«Nous demandons au Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés de nous éclairer sur cet événement  parce que nous n’avons pas été informés. Il n’est pas concevable qu’un mouvement de retour [des réfugiés] s’opère, sans qu’aucun [des signataires de l’Accord tripartire RDC-Rwanda-UNHCR] des ne soit au courant. Or, le gouvernement congolais n’a pas été tenu au courant», a déclaré Lambert Mende.
Kinshasa dit attendre «dans les heures qui viennent » les explications du HCR pour savoir si cette agence onusienne en avait été prévenue et pourquoi elle n’a pas informé à son tour les autorités congolaises.
Les services du HCR au Rwanda ont déjà à fait savoir que le retour de ces personnes ne s’inscrivait pas dans le cadre de la tripartite RDC-Rwanda-HCR, chargée du rapatriement des réfugiés rwandais et congolais dans leurs pays respectifs.
Lambert Mende indique que  Kinshasa a aussi demandé des comptes  à Kigali:
«Nous avons également demandé des explications à nos voisins Rwandais de nous expliquer comment ils ont pu laisser partir, parce que ces gens là sont sortis du Rwanda, [...] vers la RDC sans nous prévenir et comment ils ont accepté qu’ils partent vers une zone que le gouvernement qui a signé l’accord tripartite avec eux, ne contrôle pas ?».
Si le gouvernement congolais avait été informé, a poursuivi la même source, « il aurait orienté d’éventuels réfugiés candidats au retour vers une zone moins perturbée que cette partie du territoire de Rutshuru où sévissent de nombreuses forces négatives, y compris celles du M23
Entre cent cinquante et deux cents familles rwandophones sont arrivées le lundi 30 septembre dernier dans le groupement de Jomba contrôlé par la rébellion du M23 à Rutshuru.
Selon le chef de ce groupement, ces personnes sont des Congolais qui s’étaient réfugiés dans des camps au Rwanda et en Ouganda. Mais le responsable de la coordination provinciale de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) dit ignorer le mécanisme par lequel ces personnes sont retournées en RDC par le poste frontalier de Bunagana, une zone sous occupation rebelle.
http://politique-congomag.blogspot.com/2013/10/arrivee-de-200-familles-rwandophones.html
 
 

Ypres, les tyrans et la RDC au coeur du discours de Di Rupo à l'ONU

Le Premier ministre belge Elio Di Rupo a réaffirmé jeudi une constante de la politique étrangère de la Belgique, son attachement viscéral au multilatéralisme pour résoudre les défis et les crises auxquels le monde doit faire face, tout en appelant le monde à imposer un veto "aux tyrans et à leurs crimes", comme en Syrie.
Discours d'Elio Di Rupo à l'ONU, le 26 septembre 2013 © Reuters
"Personne ne peut seul arrêter une famine, personne ne peut seul stopper un tyran. La paix est une responsabilité collective. C'est pourquoi il n'y a pas d'autre voie que le multilatéralisme pour améliorer les conditions de l'humanité", a-t-il déclaré en soirée devant la 68ème Assemblée générale des Nations Unies. "C'est ce qui motive l'engagement politique, financier et parfois militaire de la Belgique, 15ème contributeur financier des Nations Unies", a souligné M. Di Rupo.

"Mon pays estime que nous avons également, parmi nos responsabilités, la 'responsabilité de protéger'", a-t-il dit en référence au concept de responsabilité de protéger (R2p) adopté par l'ensemble des Etats membres de l'ONU en 2005. "C'est-à-dire de prévenir et combattre ces crimes particulièrement odieux que sont les génocides, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les épurations ethniques", a expliqué le chef du gouvernement à la tribune de l'ONU.

Il a assuré que la Belgique soutenait "pleinement" l'action des Nations Unies et annoncé que Bruxelles accueillerait en 2014 (les 31 mars et 1er avril, ndlr) une conférence internationale sur la prévention des génocides.

Plus largement, M. Di Rupo a appelé la communauté internationale à mettre un veto "aux tyrans et à leurs crimes", dans une allusion limpide à la Syrie, en proie depuis deux ans et demi à une guerre civile qui a fait plus de 110.000 morts, avec un recours aux armes chimiques. "C'est dans mon pays, à Ypres, en Belgique, lors de la première Guerre mondiale, que les armes chimiques ont été utilisées pour la première fois dans un conflit", a-t-il rappelé. "Près de 100 ans après, c'est cette même souffrance qui frappe aujourd'hui des milliers de Syriens", a-t-il ajouté en référence aux attaques à l'arme chimique commises le 21 août dans la banlieue de Damas et généralement attribuées au régime du président Bachar al-Assad. "Et ce malgré le protocole international de 1925, qui interdit toute utilisation d'armes chimiques", a regretté le Premier ministre."D'Ypres à Damas, l'histoire du monde est une histoire commune", a-t-il dit, sans jamais citer le nom du président syrien.

"S'il faut mettre un veto, c'est un veto aux tyrans et à leurs crimes", a poursuivi M. Di Rupo dans une allusion aux mois de blocage au sein du Conseil de sécurité de l'ONU où la Russie et la Chine se sont opposées à toute intervention internationale en Syrie. "Il y a un an, j'évoquais les 30.000 morts syriens. Il y en a aujourd'hui 120.000", a-t-il déploré.

Evoquant la situation dans la région des Grands Lacs, où la Belgique joue un rôle important depuis un siècle, M. Di Rupo a réclamé la fin des ingérences étrangères en République démocratique du Congo (RDC). Il a aussi appelé le gouvernement de Kinshasa à "rétablir l'Etat de droit" sur l'ensemble de son territoire et à réformer son armée et sa police. "L'intégrité territoriale de la RDC doit être respectée. Toute ingérence extérieure doit cesser", a-t-il lancé, sans citer aucun pays. Le Rwanda - et dans une moindre mesure l'Ouganda - est accusé par l'ONU et par Kinshasa de soutenir une énième rébellion dans l'est congolais, le Mouvement du 23 mars (M23), qui occupe encore une zone de 700 km2 dans la province du Nord-Kivu.

La population du nord-est du Congo est, depuis des années, soumise aux massacres, aux viols multiples, au recrutement forcé de soldats - y compris d'enfants -, aux pillages, aux déplacements forcés..., a souligné M. Di Rupo. Il a toutefois salué les tentatives récentes de la communauté internationale pour ramener la paix en RDC. "Les efforts du secrétaire général (de l'ONU, Ban Ki-moon) et du Conseil de sécurité pour renforcer le mandat de la Monusco (la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC) donnent des premiers résultats. La brigade d'intervention (de 3.000 Casques bleus dotés d'un mandat offensif) joue un rôle actif pour protéger les populations",
a dit le Premier ministre.

Il a noté que l'accord-cadre d'Addis Abeba - signé le 24 février dernier par onze pays de la région pour tenter de pacifier l'est du Congo - "offre une réelle perspective de stabilisation de la région toute entière". M. Di Rupo s'est enfin montré favorable à la mise en place d'un cadre multilatéral pour assurer la protection des données qui circulent sur internet, rejoignant un appel lancé par la présidente brésilienne Dilma Rousseff, courroucée par l'ampleur des programmes d'écoutes et d'espionnage informatique américains.
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ONU : Discours de Joseph Kabila à la 68ème Assemblée générale des Nation...

 

La Belgique veut un “plan Marshall” pour la RDC

La Belgique a entrepris de fédérer les efforts de la Banque mondiale, de l’Union européenne et de sa propre coopération en faveur d’un développement socio-économique de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et de son voisinage, afin de favoriser le retour de la paix dans la région des Grands Lacs, ont indiqué mardi soir les ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération, Didier Reynders et Jean-Pascal Labille, à l’issue d’une rencontre à New York avec le président congolais Joseph Kabila.
“La Belgique est un peu l’initiateur, du fait de son expertise, mais c’est un projet collectif”, a souligné M. Labille devant quelques journalistes belges et congolais, après avoir évoqué lundi une sorte de “plan Marshall” pour la région des Grands Lacs, en proie à des décennies de troubles qui ont fait des millions de morts et qui se poursuivent aujourd’hui, principalement dans la province du Nord-Kivu (est de la RDC), voisine du Rwanda – un pays accusé par Kinshasa et l’ONU de soutenir la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).
La Banque mondiale a prévu de réserver un milliard de dollars à des projets, de préférence en coopération transfrontalière dans la région. L’Union européenne est aussi un important bailleur de fonds et M. Labille espère se rendre à Kinshasa à la mi-octobre en compagnie du commissaire européen au développement, Andris Piebalgs.
 
M. Labille a assuré à l’agence BELGA que le président Kabila s’était montré favorable à un tel projet, affirmant qu’il souhaitait plutôt “construire un pont vers le Rwanda qu’un mur” entre les deux pays, à couteaux tirés en raison du soutien présumé de Kigali au 23 mars (M23), une rébellion qui contrôle encore une zone d’environ 700 km2 dans la province du Nord-Kivu (est de la RDC).
Mais des négociations à l’issue incertaine sont en cours entre le gouvernement de Kinshasa et le M23 à Kampala, la capitale ougandaise.
 
Le Rwanda s’est aussi montré intéressé par de tels projets de coopération, a souligné M. Labille, qui s’est déjà rendu à plusieurs reprises en RDC, au Rwanda et au Burundi.
Outre le message de paix et de sécurité, il s’agit de “porter un message de développement”, a renchéri le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.
“La Belgique peut réorienter une partie de ses moyens, mais cela doit être tourné vers l’est du Congo” et son développement économique, a-t-il expliqué.
Selon M. Labille, les projets en question devraient notamment concerner les secteurs de l’énergie, de l’eau, de l’agriculture et du commerce transfrontalier, avec, pour la Belgique, une “forme de réorientation” des fonds de la coopération au profit des deux Kivu (nord et sud), mais sans abandonner les autres provinces de la RDC.
“L’élément essentiel, c’est d’assurer un avenir à l’ensemble de cette population et un développement socio-économique à l’ensemble de ces pays de la région des Grands Lacs, a-t-il fait valoir.
 
M. Kabila n’a pour sa part, conformément à son habitude, fait aucune déclaration lors de cet entretien, qui s’est déroulé dans un grand hôtel newyorkais.
Le président Kabila devait ensuite rencontrer, toujours dans sa suite du New York Palace, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, présent à New York pour la 68ème Assemblée générale des Nations Unies.
http://politique-congomg.blogspot.com/2013/09/la-belgique-veut-un-plan-marshall-pour.html

 
 
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