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Les matières prioritaires pour la session parlementaire de septembre

Une vue des députés nationaux et sénateurs congolais au palais du peuple (siège du parlement), ce 8/12/2010 à Kinshasa.
Une vue des députés nationaux et sénateurs congolais au palais du peuple (siège du parlement), ce 8/12/2010 à Kinshasa.
 
Une vue des députés nationaux et sénateurs congolais au palais du peuple (siège du parlement), ce 8/12/2010 à Kinshasa.
Les députés nationaux ont tenu lundi 30 septembre leur première plénière de la session parlementaire de septembre. Bien qu’essentiellement budgétaire les députés estiment que la situation du pays nécessite d’autres matières prioritaires. Même son de cloche au sénat où les élus ont planché également sur d’autres matières à inscrire à l’ordre du jour compte tenu de leur ordre des priorités.

Quelles seraient pour vous d’autres matières prioritaires à traiter au cours de cette session ?
-Invité : Tshibangu Kalala, professeur d’université et député national honoraire.
http://congopoliticnews.blogspot.com/2013/10/une-vue-des-deputes-nationaux-et.html
 

RDC: un groupe d’opposants invite Martin Kobler et Mary Robinson à s’impliquer pour un «vrai dialogue»

Des partisans de l’UNC, parti politique de l’opposition congolaise le 27/09/2013 devant le quartier général de la Monusco à Kinshasa, lors du dépôt d’un memo sur la tenue d’un vrai dialogue politique en RDC. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des partisans de l’UNC, parti politique de l’opposition congolaise le 27/09/2013 devant le quartier général de la Monusco à Kinshasa, lors du dépôt d’un memo sur la tenue d’un vrai dialogue politique en RDC. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Des opposants réunis au sein de la plate-forme Coalition pour le vrai dialogue (CVD) ont déposé vendredi 27 septembre au siège de la Monusco à Kinshasa, un mémorandum dans lequel ils demandent au patron de la mission onusienne, Martin Kobler, et à l’envoyée spéciale du secrétaire général de l’Onu pour les Grands lacs, Mary Robinson, de s’impliquer pour la convocation «d’un vrai dialogue» en RDC. Pour eux, les concertations nationales convoquées par le président Joseph Kabila constituent une violation de l’Addis-Abeba et la résolution 2098.

« Monsieur Kabila a totalement ignoré Kobler et Robinson et eux n’ont fourni aucun effort. C’est ainsi que nous venons remettre ce memo à l’intention de la délégation du conseil de sécurité qui arrive ici en début octobre pour qu’on charge Kobler et Robinson de s’impliquer pour la convocation d’un vrai dialogue», affirme Jean-Bertrand Ewanga, le coordonnateur de la CVD et secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC).
Pour lui, le fait que Martin Kobler notamment ne s’implique pas pour la convocation «d’un vrai dialogue» national, «rend inutile sa présence à Kinshasa».
Jean-Bertrand Ewanga souline qu’un vrai dialogue doit bénéficier de l’accompagnement de la communauté internationale, réfutant toute idée d’ingérence de celle-ci à travers la démarche de la Coalition pour le vrai dialogue.
Selon lui, « il n’y a pas d’ingérence, parce que le chef de l’Etat [Joseph Kabila] a souscrit à l’accord-cadre d’Addis-Abeba. Mais c’est dans l’application que lui s’est éloigné de l’esprit des deux instruments internationaux; à savoir l’accord-cadre [signé le 24 février par onze Etats africains pour le retour de la paix en RDC] et la résolution 2098 » du Conseil de sécurité des Nations unies créant la Brigade d’intervention des Nations unies appelée à neutraliser les groupes armés dans l’Est de la RDC.
Entre-temps, la clôture des concertations nationales est prévue pour samedi 28 septembre. Deux des cinq groupes thématiques ont déjà déposé leurs rapports au présidium des assises. Il s’agit du groupe Conflit communautaire, paix et réconciliation ainsi que Décentralisation et renforcement de l’autorité de l’État.
Certains participants à ce dialogue, en majorité de l’opposition politique,  ont claqué la porte avant la fin des travaux. D’autres par contre ont refusé d’y prendre part, réclamant une médiation internationale en s’appuyant sur l’accord-cadre et la résolution 2098.
Inaugurées samedi 7 septembre, les concertations nationales, selon son initiateur, vise à mettre fin à l’insécurité dans l’Est de la RDC et de renforcer la cohésion nationale.
http://politique-congomag.blogspot.com/2013/10/rdc-un-groupe-dopposants-invite-martin.html
 

RDC : Mary Robinson juge l’engagement militaire « nécessaire » pour protéger les civils

(De G.à.D) Mary Robinson, envoyée spéciale du secrétaire général de l’ONU dans les Grands Lacs en discussion avec le commandant de la force de la Monusco, le général Carlos Alberto Dos Santos Cruz et le chef de la Monusco, Martin Kobler dans l’avion qui les mène à Goma (Lundi 2 septembre 2013) « Il faut quelque fois avoir un engagement militaire. C’est nécessaire pour protéger les gens », a déclaré lundi 2 septembre dans la soirée à Goma Mary Robinson, l’envoyée spéciale du secrétaire général de l’ONU dans la sous-région des Grands Lacs. A son arrivée lundi à Goma, elle avait déclaré :  ”On a déjà essayé avec une réponse militaire qui a réussi. Maintenant, il y a aussi une fenêtre pour une réponse politique ”. Une prise de position mal accueillie par une partie de l’opinion congolaise qui souhaite que les FARDC appuyées par la brigade d’intervention de la Monusco mettent fin militairement à la rébellion du M23.
 
« Il faut quelques fois avoir un engagement militaire. C’est nécessaire pour protéger les gens. Et j’étais très contente qu’on ait soutenu les FARDC. Et je crois que maintenant si il y a une autre attaque, on peut la repousser de manière beaucoup plus forte parce qu’on a maintenant acquis l’expérience d’un travail en équipe », a déclaré Mary Robinson.
Les Forces armées de la RDC soutenues par la brigade offensive de la Monusco ont repoussé ces derniers jours le M23 à une vingtaine de kilomètres de Goma.
Mary Robinson a cependant indiqué que sa mission consiste à accorder la priorité au volet politique pour régler ce conflit.
 
« Le processus politique en vérité, c’est l’accord-cadre [d’Addis-Abeba]. Mon devoir et ma priorité sont de travailler pour la mise en œuvre de ces mesures à suivre au niveau régional, et naturellement aussi avec le représentant, Kobler, au niveau national, et de soutenir le gouvernement de la République démocratique du Congo », a-t-elle indiqué au cours de la conférence de presse qui bouclait sa visite de 24 heures à Goma.
 
L’accord-cadre de paix et de stabilisation de la région de Grands Lacs a été signé en février dernier par onze pays africains. Le texte parrainé par l’ONU interdit aux pays de la région de soutenir les groupes armés. La RDC et l’ONU accusent pourtant le Rwanda de soutenir les rebelles du M23. Le Rwanda a toujours nié cette accusation.
 
Mary Robinson partira jeudi 5 septembre au 7è sommet extraordinaire des chefs d’Etat et des gouvernements de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs. Le gouvernement congolais et le M23 sont en discussion à Kampala depuis décembre 2012. Selon le coordonnateur national du mécanisme de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, la RDC attend de la médiation ougandaise une proposition d’accord qui doit mette fin à ces pourparlers.
SOURCE : RADIO OKAPI
http://politique-congomag.blogspot.com/2013/10/rdc-mary-robinson-juge-lengagement.html
 

La Franco-Autrichienne,Claudine Cullin analyse la crise politique congolaise

La Franco-Autrichienne,Claudine Cullin analyse la crise politique congolaise au Micro du Pasteur Bobo
http://politique-congomag.blogspot.com/2013/10/la-franco-autrichienneclaudine-cullin.html
 

France : Sarkozy «au-dessus de la mêlée»

Nicolas Sarkozy arrive pour déjeuner au Petit-Bornand, mercredi.
Lors d'un déplacement en Haute-Savoie, l'ancien président  a critiqué le droit d'inventaire réclamé par certains élus UMP.
» Nicolas Sarkozy dénonce la destruction de la filière nucléaire française
                              
Pour ceux qui en douteraient, Nicolas Sarkozy est bel et bien décidé à ne pas se faire oublier. Ce mercredi, il a renoué avec l'un des grands rituels de son quinquennat: le déplacement en Haute-Savoie. «Imaginez une petite carte postale, au dos de la photo on pourrait lire “Bons baisers d'au-dessus de la mêlée”», lance Brice Hortefeux pour décrypter ce clin d'œil très politique de l'ancien président.
Car Nicolas Sarkozy a soigneusement mis en scène son déplacement. Certes, il a renoncé au pèlerinage sur le plateau des Glières, pour «ne pas être accusé d'en faire trop», selon un responsable local chargé de préparer son déplacement. Mais il a déjeuné «Chez Suzanne», un restaurant du Petit-Bornand où il avait l'habitude de se rendre chaque année après l'hommage aux résistants du plateau des Glières.
Cela faisait longtemps que Nicolas Sarkozy souhaitait s'y rendre. Il avait prévenu le député maire d'Annecy-le-Vieux, Bernard Accoyer, qu'il voulait revenir au Petit-Bornand, comme il l'avait fait sans interruption depuis 2007, à l'exception de l'année 2012. Le prétexte a été trouvé il y a quelques mois pour la remise de la Légion d'honneur à l'ancien député UMP Claude Birraux.
Nicolas Sarkozy a renoué avec une partie du rituel. Il a déjeuné avec les responsables UMP départementaux, dont la députée européenne Françoise Grossetête, et il a improvisé ensuite une rencontre avec les journalistes qui l'attendaient à l'extérieur du restaurant. Vingt-cinq minutes de confidences, où il a réagi à la polémique qui a agité l'UMP à propos du vote FN et des déclarations de François Fillon. Sans citer le nom de son ancien premier ministre, il a ironisé: «On ne m'a pas interrogé sur l'opportunité d'ouvrir, ni même de conclure, ce débat. Je ne me projette pas dans la lutte interne.» Au cours du déjeuner avec les élus, il avait aussi confié ne «pas comprendre cette histoire avec l'extrême droite», rapporte l'un des convives.
L'ex-président a affiché son détachement par rapport à son parti et à la politique intérieure. «La petite actualité politique, je ne veux plus m'en occuper. La France, c'est autre chose», a-t-il glissé, laissant toujours planer le doute sur un éventuel retour. «Parfois, quand les gens réfléchissent, ils se demandent s'il ne faut pas quelqu'un au-dessus de la mêlée», a ajouté l'ex-président.

«Ambiance détendue, comme avant 2007»

Mais l'ancien président a aussi fait passer quelques messages. Devant une salle pleine venue le voir et l'écouter à l'occasion de cette remise de Légion d'honneur, Nicolas Sarkozy a critiqué durement la politique nucléaire de François Hollande. Il a aussi fait une digression sur «l'importance de l'héritage et de la tradition», «de la terre sur laquelle il faut s'appuyer pour aller plus haut». Une mise en garde à l'égard de ceux qui seraient tentés par l'inventaire des années Sarkozy? De fait, l'ex-président est revenu plus clairement sur le sujet lors de sa conversation avec les élus UMP. «Le rôle de l'opposition est-il de faire l'inventaire de ce qu'elle a mal fait, ou de critiquer la majorité?», s'est-il interrogé. Il a relevé qu'il trouvait «étonnant» que certains députés socialistes demandent le retour des heures supplémentaires défiscalisées alors que les parlementaires de l'opposition critiquaient son bilan.
Il a en revanche évité tout commentaire précis sur l'impasse diplomatique en Syrie. «Je ne veux pas intervenir dans ce dossier. Je ne l'ai fait en juillet 2012 qu'à la demande du chef de l'opposition.»
«On a eu un peu l'impression qu'il renouait avec la presse à l'occasion de ce déplacement. J'ai retrouvé l'ambiance détendue d'avant 2007», glisse l'un des participants à ce déplacement.
Son entourage précise que cette remise de décoration était prévue «depuis longtemps», et qu'il n'y a «aucun lien avec la polémique qui a agité l'UMP la semaine dernière». En revanche, elle a clairement pour but de rappeler que «le cadavre bouge encore», selon un sarkozyste. «Ni Fillon, ni Copé, ni Juppé n'ont intérêt à ce qu'il revienne», résume l'un de ses proches, «donc il envoie quelques signaux de fumée».
http://politique-congomag.blogspot.com/2013/10/france-sarkozy-au-dessus-de-la-melee.html
 

Arrivée de 200 familles rwandophones à Rutshuru: la RDC demande des explications au HCR et à Kigali

Lambert Mende, Ministre de l'Information, Communications et Médias lors d'une Conférence de Presse à Kinshasa, le 03/01/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA

Lambert Mende, Ministre de l'Information, Communications et Médias lors d'une Conférence de Presse à Kinshasa, le 03/01/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA
Lambert Mende, Ministre de l'Information, Communications et Médias lors d'une Conférence de Presse à Kinshasa, le 03/01/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA
Le gouvernement congolais demande au Haut-commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) et au Rwanda des explications sur l’arrivée récente dans le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu) de deux cents familles rwandophones en  provenance du Rwanda. Kinshasa n’a pas été informé de ce mouvement, conformément à l’accord tripartite conclu en 2010 entre le RDC,  Rwanda et le HCR relatif au rapatriement des réfugiés, a affirmé à la presse mercredi 2 octobre le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende.

«Nous demandons au Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés de nous éclairer sur cet événement  parce que nous n’avons pas été informés. Il n’est pas concevable qu’un mouvement de retour [des réfugiés] s’opère, sans qu’aucun [des signataires de l’Accord tripartire RDC-Rwanda-UNHCR] des ne soit au courant. Or, le gouvernement congolais n’a pas été tenu au courant», a déclaré Lambert Mende.
Kinshasa dit attendre «dans les heures qui viennent » les explications du HCR pour savoir si cette agence onusienne en avait été prévenue et pourquoi elle n’a pas informé à son tour les autorités congolaises.
Les services du HCR au Rwanda ont déjà à fait savoir que le retour de ces personnes ne s’inscrivait pas dans le cadre de la tripartite RDC-Rwanda-HCR, chargée du rapatriement des réfugiés rwandais et congolais dans leurs pays respectifs.
Lambert Mende indique que  Kinshasa a aussi demandé des comptes  à Kigali:
«Nous avons également demandé des explications à nos voisins Rwandais de nous expliquer comment ils ont pu laisser partir, parce que ces gens là sont sortis du Rwanda, [...] vers la RDC sans nous prévenir et comment ils ont accepté qu’ils partent vers une zone que le gouvernement qui a signé l’accord tripartite avec eux, ne contrôle pas ?».
Si le gouvernement congolais avait été informé, a poursuivi la même source, « il aurait orienté d’éventuels réfugiés candidats au retour vers une zone moins perturbée que cette partie du territoire de Rutshuru où sévissent de nombreuses forces négatives, y compris celles du M23
Entre cent cinquante et deux cents familles rwandophones sont arrivées le lundi 30 septembre dernier dans le groupement de Jomba contrôlé par la rébellion du M23 à Rutshuru.
Selon le chef de ce groupement, ces personnes sont des Congolais qui s’étaient réfugiés dans des camps au Rwanda et en Ouganda. Mais le responsable de la coordination provinciale de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) dit ignorer le mécanisme par lequel ces personnes sont retournées en RDC par le poste frontalier de Bunagana, une zone sous occupation rebelle.
http://politique-congomag.blogspot.com/2013/10/arrivee-de-200-familles-rwandophones.html
 
 

RD Congo : Kabila et le coup du torero

Il n’est pas réputé pour être un stratège politique particulièrement retors, mais Joseph Kabila est en train de réaliser un insoupçonnable coup de bluff sous couvert de deux évènements politiques : les concertations nationales à Kinshasa et les pourparlers de Kampala avec le M23. Depuis une dizaine de jours, et pendant des semaines à venir, tout un peuple est tenu en haleine, scrutant la moindre fuite d’information autour des deux tables rondes où se décide le sort du Congo et de sa population. La guerre de l’Est a trop duré, et le Président a fait le choix d’une solution négociée en signant la déclaration des chefs d’Etat des pays des Grands-Lacs.
A Kinshasa, la crise politique née des élections chaotiques de novembre 2011 a, elle aussi, trop duré. Les Congolais doivent surmonter leurs divisions et se rassembler dans le cadre des concertations nationales. Si les choses était aussi simples…
Le piège des bonnes intentions affichées
Donc, deux initiatives éminemment louables, en apparence, et qui tombent à point nommé. Elles doivent déboucher sur une nouvelle ère pour le Congo. Un pays pacifié une bonne fois pour toute, un peuple rassemblé et doté de meilleurs atouts pour surmonter les défis jusque là insurmontables. Les Etats généraux des concertations nationales vont, en effet, s’atteler à cinq grands thèmes : gouvernance et réforme des institutions, économie, désarmement et démobilisation des groupes armés, conflits communautaires, paix et réconciliation, décentralisation et renforcement de l’autorité de l’Etat. Présentées de cette façon, les initiatives du Président Kabila avaient de quoi séduire. Tous les efforts devaient être mobilisés pour les faire aboutir.
Oui, aboutir,… mais aboutir à quoi ?
Crise politique, crise militaire, qui est responsable ?
Car, justement, dans l’engouement autour des concertations nationales et des pourparlers de Kampala, plusieurs questions manquent toujours d’être posées. A quoi est due la crise de légitimité du pouvoir à Kinshasa ? Quelles sont les causes profondes des guerres à répétition dans l’Est du pays ? Qu’est-ce qui aurait dû être fait pour prévenir ces drames et qui ne l’a pas été ? Qui est responsable de quoi ?
Un débat franc et en profondeur autour de ces questions pourrait rapidement transformer les deux forums en procès du régime, sans ménagement, plutôt que toute autre chose. Mais le Président Kabila n’a pas de soucis à se faire. Les concertations nationales ont été boycottées par les principaux leaders de l’opposition (Etienne Tshisekedi, Vital Kamerhe). Le Chef de l’Etat ne risque pas d’être « malmené » au cours des débats pour la gestion calamiteuse des élections de novembre 2011, et les conséquences désastreuses de la « gouvernance du pays par défi » dont il est accusé. Compte tenu de l’ampleur des fraudes, ces élections auraient dû être annulées. Mais le mal est fait, et on n’imagine pas que les concertations nationales servent de cadre de règlement du contentieux électoral.
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On peut donc estimer que Joseph Kabila n’espère pas s’octroyer, à travers les concertations nationales, un supplément de « légitimité démocratique » qu’il n’a pas pu obtenir dans les urnes. D’autant plus que les perdants de 2011 se tiennent à la marge de ce forum et n’attendent que la fin des travaux et du battage médiatique pour relancer la « campagne » de contestation du pouvoir en place.
En réalité, pour Joseph Kabila, ces concertations servent à détourner l’attention de l’opinion nationale sur autre chose que sa personne. Elles servent essentiellement à lui octroyer un moment de répit. On sait par avance que les conclusions de ces concertations seront remises au gouvernement qui, naturellement, en fera ce qu’il voudra. Car un gouvernement mène sa propre politique. Il perdrait en cohérence s’il prête le flanc aux recommandations de l’extérieur, concertations nationales soient-elles, ce qui n’exclut pas qu’il puisse s’en inspirer, juste s’en inspirer. Tout ça pour ça…
Plus globalement, on dit que lorsqu’un pouvoir ne veut pas ou ne sait pas régler un problème, il crée une commission (des concertations nationales en l’occurrence). L’ensemble des questions qui seront abordées au cours de ces assises, est supposé être connu du gouvernement qui, s’il en avait la volonté et les moyens, y aurait déjà apporté des réponses.
Donc, beaucoup de bruit pour pas grand-chose au final.
Guerre de l’Est, un diagnostic notoirement erroné mais assumé
Au sujet de la guerre relancée dans l’Est du pays, on voit, là aussi, mal comment l’initiative du Président Kabila pourrait contribuer à y mettre un terme. Car tout repose sur le diagnostic. Si le diagnostic est notoirement erroné, comme on peut s’en apercevoir au vu de la relance des pourparlers avec le M23, la fin de la guerre n’est pas pour demain.
En effet, aller négocier avec le M23, à Kampala, revient à considérer que « la guerre du M23 » est un « conflit national », une rébellion des Congolais contre le pouvoir établi. Une lecture erronée. Il est de notoriété publique que le Congo fait face aux agressions armées du Rwanda et de l’Ouganda. Les faits sont décrits dans les rapports des experts de l’ONU et des ONG. Depuis 1996, c’est la même aventure meurtrière que mènent Kigali et Kampala dans l’Est du Congo. Joseph Kabila le sait pertinemment. Mais il a tout de même donné son aval à la relance des négociations avec le M23 qui ne sont pas destinées à ramener la paix. La paix dans l’Est du Congo ne peut être obtenue qu’à condition que le pays se dote d’une armée dissuasive aux yeux des pays voisins, d’un déploiement effectif de l’Etat de droit sur l’ensemble du territoire national et d’une diplomatie active. Tout ce qui n’est pas au menu des pourparlers de Kampala.
En réalité, les négociations de Kampala, tout comme les concertations nationales, servent à « accrocher » l’attention des Congolais sur « quelque chose », autre que la personne de Joseph Kabila, le temps que celui-ci se fasse oublier et fasse oublier son incapacité à garantir le respect de l’intégrité du territoire national.
Le coup du torero
En effet, après douze ans au pouvoir, Joseph Kabila aurait dû doter le Congo d’une armée à la hauteur de ses défis. Même constat au sujet des thèmes abordés aux concertations nationales. Il y a bien quelqu’un qui était en charge des questions liées à la gouvernance, les groupes armés, les conflits communautaires, la paix, la réconciliation, la décentralisation, l’autorité de l’Etat,… Dans un régime présidentiel, cette personne n’est autre que le Président de la République au premier chef.
Ces questions vont toutefois être abordées à Kinshasa et à Kampala en l’absence du principal concerné, à qui on aurait pourtant dû demander des comptes au bout de douze ans d’exercice du pouvoir et de l’état désastreux dans lequel se morfond le Congo.
Joseph Kabila a sûrement anticipé le risque de « mise en accusation » de son régime en orchestrant cet insoupçonnable coup de bluff. Comme un torero dans la corrida, le Président congolais s’est octroyé un chiffon rouge (concertations de Kinshasa et pourparlers de Kampala). Les Congolais vont se ruer dessus pendant que leur Président, mis à l’abri, prépare un nouveau coup, on ne sait lequel.
Personne ne sait, en effet, de quoi il a discuté avec Paul Kagamé à Kampala, et pourquoi la présidence à Kinshasa a cru nécessaire de démentir ce tête-à-tête un peu louche réalisé dans le dos des Congolais.
Boniface MUSAVULI
 
 
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